Opinion Internationale révèle une nouvelle étape dans l’affaire strasbourgeoise. Trois mois après l’annulation de la procédure en diffamation intentée par la doctorante Iman El Feki, Me Carine Chaix, avocate de Florence Bergeaud-Blackler, a adressé le 18 septembre 2026 un signalement au procureur financier de la Chambre régionale des comptes Grand Est. Copie a également été transmise au ministre de l’Enseignement supérieur et au procureur de la République.
L’objet du signalement : la prise en charge, par l’Université de Strasbourg, des frais d’avocat de la doctorante contre Florence Bergeaud-Blackler - et cela alors même qu’un courrier daté du 22 mai 2025, signé par la présidente de l’Université Frédérique Berrod, avait explicitement écarté le bénéfice de la protection fonctionnelle pour cette procédure. Le signalement pose une question précise : sur quelle base juridique un établissement public pouvait-il alors financer les frais liés à une procédure pénale engagée par une doctorante contre une chercheuse du CNRS extérieure à l’établissement ?
Me Carine Chaix invoque notamment le principe de spécialité des établissements publics et demande que soit examinée l’éventuelle responsabilité financière de l’ordonnateur et du comptable. L’affaire, qui avait été enterrée sur le plan pénal en juin dernier, rebondit ainsi sur le terrain de l’usage des fonds publics et de la liberté académique.