Tribune de Florence Bergeaud-Blackler dans FigaroVox, au lendemain de la manifestation du 17 octobre 2026 contre la vie chère, émaillée de pillages et de dégradations dans plusieurs grandes villes.
L’anthropologue réagit à l’intervention sur France Inter du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a reconnu le 19 octobre avoir « perdu le contrôle dans certaines grandes villes » et admis « en partie un manque d’anticipation sur les forces disponibles ». Elle estime que les autorités ont sous-estimé une composante du cortège : au-delà des black blocs ultragauche alliés de La France insoumise, une population que l’on hésite à nommer autrement que par les termes méprisants de « racaille » ou de « voyous », par peur d’être taxé de racisme et d’islamophobie - « le mépris tient lieu d’analyse ».
Florence Bergeaud-Blackler soutient que le gouvernement se trompe lorsqu’il ne prête aucune intention politique aux émeutiers et rappelle qu’en banlieue, le système de normes promu par les islamistes encourage de tels agissements : piller des commerces assimilés à ceux de « mécréants » ou de « colons » s’inscrit, pour une partie des participants, dans un cadre normatif cohérent qu’il faut nommer pour comprendre.