Entretien de Florence Bergeaud-Blackler recueilli par Alberto Giannoni pour Il Giornale, sous le titre « Le proteste francesi? Esportabili. Il modello è l’Intifada » (« Les protestations françaises ? Exportables. Le modèle, c’est l’Intifada »).
Florence Bergeaud-Blackler y lit les mobilisations lycéennes françaises de l’automne 2026 non comme un mouvement scolaire ordinaire, mais comme la jonction entre une minorité islamiste organisée et une gauche radicale, l’école française n’étant pas, dans l’ensemble, en mauvais état. Interrogée sur la part des violences de rue, elle répond que celles-ci ne sont pas accidentelles, mais relèvent du répertoire d’action : des revendications floues et des appels à la violence qui précèdent les mots d’ordre.
L’anthropologue développe la notion de modèle Intifada : des jeunes en première ligne face aux forces de l’ordre, un affrontement mis en scène et filmé, et un récit qui transforme toute réaction de l’autorité en acte d’oppression. Elle prévient que ce schéma peut s’étendre à d’autres pays - c’est, selon elle, déjà le cas de la Belgique, qui présente la même sociologie et le même phénomène d’islamisation et de « wokisation ». Enfin, elle corrige la notion d’« infiltration », trompeuse selon elle : il s’agit du fruit d’un endoctrinement de très longue durée entamé dans les années 1990, dont la France voit aujourd’hui la troisième génération. L’entretien fait aussi écho au vote du Parlement européen du 8 octobre, auquel Florence Bergeaud-Blackler a consacré, deux jours plus tôt, une tribune dans Le Figaro Vox.